DAVID : UN DIRIGEANT JUSTE ET VERTUEUX

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David était un descendant d’Isaac. Son lieu de résidence était les terres palestiniennes. (Ibn Sa’d, Tabaqat, I, 54.) En hébreu, « David » signifie « la personne la plus aimée », « pupille de l’œil ». Son nom est mentionné seize fois dans le Coran. Il a été envoyé comme prophète aux israélites. (DIA, David, IX, 21, 22.)  Zabûr, (le Livre des Psaumes) qui est l’un des quatre grands livres, lui fut envoyé. (An-Nisa, 4/163.)

Après la mort de Talut, David a pris sa place. Il est devenu le chef des Israélites. Il fut le premier prophète à combiner souveraineté et prophétie. (Qurtubi, Cami’ul ahkam’ul Qur’an, IV, 249.) David était un dirigeant juste. Allah a renforcé son règne et lui a donné la « sagesse » ainsi que la capacité de distinguer le vrai du faux. (As-Sad, 38/20.) Il agissait judicieusement dans les affaires administratives, judiciaires et gouvernementales. Il écoutait personnellement les plaintes du peuple et faisait preuve de minutie pour les résoudre. Durant les procès, il cernait correctement les faits et rendait des jugements conformément à la justice. (La Voie du Coran, IV, 573-574.) Allah l’a éprouvé à cet égard. Cet incident est mentionné dans le Coran comme suit : « et t’est-elle parvenue la nouvelle des disputeurs quand ils grimpèrent au mur du sanctuaire! Quand ils entrèrent auprès de David, il en fut effrayé. Ils dirent: «N’aie pas peur! Nous sommes tous deux en dispute; l’un de nous a fait du tort à l’autre. Juge donc en toute équité entre nous, ne sois pas injuste et guide-nous vers le chemin droit. » (As-Sad, 38/21-22.)

L’un d’eux a présenté sa plainte comme suit : « Celui-ci est mon frère: il a quatre-vingt-dix-neuf brebis, tandis que je n’ai qu’une brebis. Malgré cela, il m’a dit: « donne-la-moi» et son insistance a beaucoup fait pression sur moi. » « David dit: Il a été certes injuste envers toi en demandant de joindre ta brebis à ses brebis». Beaucoup de gens transgressent les droits de leurs associés, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres – cependant ils sont bien rares -. » (Sad, 38/23-24.) Il a été surpris dès qu’il a dit cela. Les deux plaignants ont disparu. İls étaient donc deux anges qui sont venus sous forme humaine. David s’est immédiatement rendu compte qu’il s’agissait d’une épreuve. Il a regretté son erreur et s’est tourné vers Allah et a demandé pardon. Allah lui a pardonné (As-Sad, 38/25) et l’a averti comme suit: « Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité parmi les gens et ne suis pas la passion : sinon elle t’égarera du sentier d’Allah. Car ceux qui s’égarent du sentier d’Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes. » (As-Sad, 38/26.)

David a pris une décision hâtive en n’écoutant qu’un seul des deux plaignants. Il avait donc rendu un mauvais jugement. Alors que, sur un fait si les deux parties étaient entendues la tournure de l’événement aurait pu changer. Ce que l’on pense être juste peut être faux. Celui qui est vu comme injuste pourrait avoir raison. Quelle est la morale de cette histoire ? Ce n’est autre qu’un rappel à l’ordre « Soyez juste ! » envers tous les humains.

La justice est de rendre à chaque propriétaire légitime ce qui lui est dû, l’abstention d’agir égoïstement et d’être oppressant. C’est aussi juger avec justice lors d’un fait en écoutant les deux parties car écouter une seule partie ne peut mener seulement à une usurpation de droit de celui qui n’est pas écouté. Alors que l’humain doit gouverner avec justice, sans se laisser tromper par la provocation de son âme, et sans oublier le jour du jugement. Sinon, il commettra une erreur et perdra l’épreuve.

 

Meryem DALĞIÇ

BEĞEN